Mauthausen

Sur un coin de papier, un oui aurait suffi
À quitter le Danube et ses rives sanglantes.
Trois lettres apposées pour monnayer nos vies
Et renier notre foi au cœur de la tourmente.

Nous vivions dans ces camps où la mort était reine.
Assis à ses côtés, siégeait son furieux roi.
Pour avoir refusé de tendre le bras droit,
Nous étions résistants de la folie humaine.

La mine de granite était notre tombeau,
Nous qui creusions la Bible et ses pages d’Amour.
Quand nos mines pâlies regardaient nos bourreaux,
Nous savions qu’ils pourraient alimenter les fours.

Les balles qui sifflaient dans le froid de l’hiver
Ne pouvaient perforer notre fraternité.
Et face aux cris haineux des Serpents Sanguinaires,
Nous nous tenions la main, priant dans l’unité.

Parfois nous étions nus, giflés d’eau et de glace,
Parfois en rangs serrés, faisant front à la mort.
Mais, la Lune venue, nous regardant en face,
Nous trouvions la beauté qu’il nous manquait dehors.

Fidèles nous étions, cela nous suffisait
À supporter les coups, voûtés mais pourtant droits.
L’insigne sur nos cœurs libérés témoignait
Que, faibles mais puissants, nous gagnions ce combat.

Nos triangles violets firent tinter leur foi
Dans le feu et le froid, dans la poudre et le sang.
Ce triangle violet, Mémorial aux vivants,
De ne jamais céder quand le Mal devient loi.

Image à la Une © Laurence Chellali.

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