Nadège Druzkowski

La passante immobile.

Nadège Druzowski, « Territoires imaginaires », Galerie Elizabeth Couturier, Lyon 1er, du 8 au 31 octobre 2015.

Le dessin (comme le film) et sa musique du silence. Que se passe-t-il dans l’état d’union de ces deux éléments ? Y’a-t-il une vie en gestation ? Comment peut-on la qualifier ? Pourquoi les séparer ou pourquoi les unir ? C’est un peu comme dans les Romances sans paroles de Mendelssohn où les sons tiennent comme s’ils ne voulaient pas être lâchés tant la douceur retient. Mais parfois ils sont très forts, comme des pointes dont l’intensité accapare, déborde. Il existe dans l’œuvre de grands vagues de lignes. La vie erre sous-tendue d’un âge d’or de la plastique qui anime toujours l’acte de créer : ouvrir, inciser, faire saillir ; détruire/abolir par le souci de vérité à travers des images sourdes.

Nadège Druzkowski

Nadège Druzkowski

Demeure l’insistance et la délicatesse : la première sert afin que la seconde ait tous ses attributs qui permettent de répondre à la question : Pourquoi la ligne vole ? Mais chez Nadège Druzowski elle ne s’envole pas comme chez Chagall qui – lui – voulait tout renvoyer à une mystique évanescence. L’image devient une autre emprise. La plasticienne en devient  l’ordonnatrice. Que voit-on au juste ? Des paysages. Oui. Mais il y a plus : les formes ondulent pour fermer, retenir. Mais pour ouvrir aussi. Le blanc. Le noir. Dans les deux cas, aller du clos à l’ouvert. Chaque fois trouver de nouvelles précisions. Et s’il y a durée, c’est plus dans la continuité du ou des « sujets » que dans chacun d’eux. En chacune des ses œuvres Nathalie Druzowski propose une ou plusieurs naissances. Elles contiennent forcément des abandons. Des abandons et une complétude qui sont presque les rênes de l’attelage pour toutes ses créations : imagination et nature en une coprésence active.

Nadège Druzkowski

Nadège Druzkowski – Ink on paper, 24.5x59cm, 2014, Dumfries House collection.

Image à la Une © Nadège Druzkowski – Ink on paper, 46x59cm, 2014.

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