Notre enfant

Une femme entre désir et culpabilité.

FILM « Notre enfant » par Diego Lerman programmé dans le cadre 14e édition des Images Hispano-Américaines : 1e séance le dimanche 31 mars 2019 à 17h30 à L’Auditorium Seynod, Annecy.

Le septième long-métrage de Diego Lerman réalisateur argentin confirmé et déjà présent lors d’Images Hispano Américaines précédentes avec Tan de repente (2002) et Refugiado (2014) s’ouvre sur le très beau visage de Malena (fabuleuse Bárbara Lennie) en proie à l’angoisse et prise par l’émotion.

Tout est là : le désir d’être mère et ce long voyage à l’autre bout du pays pour retrouver celle qui doit enfanter pour lui laisser son enfant en adoption. L’on sent que quelque chose de crucial va se jouer pour elle. On est tendu avec elle comme dans une histoire complexe qui la (et nous) dépasse. On la suit à la maternité et on vit au rythme de la caméra qui ne la lâche pas. Il y a son urgence à elle et face à elle la misère de la mère porteuse qui va offrir son enfant. On est tiraillé entre deux mondes si éloignés, deux classes sociales qui s’entrechoquent : Malena est médecin, Marcela une femme du peuple. Toute la tension du film est là. Que va t-il se passer entre elles ?

Ce qui intéresse Diego Lerman c’est bien le petit grain de sable qui va se mettre dans des rouages pourtant bien huilés dès le départ, ces sentiments mélangés de Malena entre désir et culpabilité si bien exprimés par l’actrice au sommet de son art. Les scènes se mettent en place comme dans un jeu de puzzle mais pas vraiment comme on le voudrait. Tout s’éloigne du personnage au moment où elle croit que les choses vont se concrétiser. Et nous souffrons avec elle nous partageons sa désillusion ou sa joie. Voilà un film touchant où nous entrons en empathie avec l’héroïne dès le début du film parce que nous épousons à la fois sa force et sa fragilité. Nous adoptons son chemin de croix.

Diego Lerman montre avec courage les trafics d’enfants, sans dénoncer pour autant ce qui pourrait rendre les personnages antipathiques. Bien au contraire, il nous fait comprendre ce que chacun désire et comment ils se situent dans une thématique complexe et déchirante. Un très beau film à voir donc.

Dans le cadre des Images Hispano-Américaines – 14e édition, Notre enfant est à voir :

  • Dimanche 31 mars à 17h30 à l’Auditorium de Seynod,
  • Jeudi 4 avril à 20h45 à La Turbine,
  • Vendredi 5 avril à 18h30 au Cinéma Novel.

Image à la Une © Diego Lerman.

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