Wim Wenders

Repérages.

Exposition « Instant stories , Wim Wenders’ Polaroids » jusqu’au 11 février 2018 à The Photographers’ Gallery, Londres.

Afin de préparer son Paris, Texas (1983) Win Wenders traversa l’Ouest américain équipé d’un petit appareil photo pour faire des repérages à la recherche de paysages ou d’intérieurs plus ou moins désolés. Il parcourut les zones désertiques du Texas, de l’Arizona, du Nouveau Mexique et de la Californie afin de saisir le vide et l’étendue d’un paysage saturé de lumière et de couleur sous la présence insidieuse de cow-boys mythiques d’un autre temps. Le paysage garde la force évocatrice que Wenders allait utiliser pour son film. Ses photographies soulignent déjà le caractère dramatique et poétique de son film. Le photographe semble hanté par lui.

Un fauteuil rebondi au grenat vernissé ; un mexicain égaré et mutique devant un saloon en ruine cimentent un tout impénétrable et la gradation immobile de la rêverie. La commisération esthétique dégage une figure étrangère. L’empreinte de l’absence est visible dans le sable, comme sur les chemins qui ne mènent nulle part et les appartements vides. Le bleu-blanc du ciel s’ajoute à l’ocre blanc de paysages immuables. Win Wenders ranime la profondeur sans mesure du désert. Le temps pèse sur ce qui le cimente en un tout impénétrable.

Photographie à la Une © Valley of the Gods, Utah, 1977, Wim Wenders Courtesy Deutsches Filminstitut Frankfurt

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