69e Festival d’Avignon

Pour sa deuxième année à la tête du plus grand festival de théâtre du monde, tous attendaient Olivier Py. Comment allait-il s’emparer de la programmation ? Dans son édito « Je suis l’autre », le Directeur ne manque pas de revenir sur les événements de janvier dernier et interroge clairement sur le et maintenant, que fait-on avec tout ça ? La culture est un ciment de la société dans laquelle nous vivons, elle est la seule à pouvoir rassembler sans barrières ni frontières et qui peut susciter la curiosité et la connaissance de l’autre.

Avignon est bien plus qu’un festival que l’on peut considérer comme élitiste et réservé à l’intelligentzia. Avignon prend pour quelques semaines la température du monde dans toute sa diversité, pas seulement en termes intellectuels mais aussi en termes de moments partagés avec les autres. Le dialogue se fait et se défait, les échanges se font parfois vifs mais quoi de plus enrichissant que de baigner dans cette atmosphère ne serait-ce qu’un instant ?

La programmation de cette 69ème édition interpelle, interroge. De courtes performances aux grands et longs formats, du Nord de l’Europe à l’Amérique latine, chacun pourra trouver sa pépite à ne pas rater. Carnet d’Art vous propose sa sélection.

La République de Platon

Présenté comme un feuilleton philosophique, La République de Platon prendra place tous les midis dans le Jardin Ceccano. Sur une adaptation du philosophe Alain Badiou, la mise en lecture a été conduite par Valérie Dréville, Didier Galas et Grégoire Ingold avec les élèves de l’École Régionale d’Acteurs de Cannes.
Nous attendons de voir comment cette proposition arrivera à fédérer et à établir un dialogue, à l’heure où celui-ci a toute sa nécessité.

Le Roi Lear

Olivier Py s’octroie la Cour d’honneur du Palais des Papes avec Le Roi Lear de William Shakespeare pour laquelle il propose une nouvelle traduction en vers libres. Une tragédie mêlant la destinée d’une famille à celle du pouvoir avant que tous ne courent vers leur fin.
Directeur du festival mais aussi artiste, Olivier Py proposera une deuxième création Hacia la Alegría (voir ci-dessous) et pour ceux qui ne pourront pas se rendre en Avignon, Le Roi Lear sera diffusé sur France 2 et Culturebox le 8 juillet à 22h.

Andreas

Andreas est l’adaptation de la première partie du Chemin de Damas d’Auguste Strindberg. Est-ce l’histoire de la disparition ou du retour à la vie d’un homme exilé ? Andreas met en scène un face-à-face avec l’Absolu et interroge le combat d’un homme contre ses démons.
Jonathan Châtel, franco-norvégien livrera sans nul doute des pans de sa sensibilité.

Le Vivier des Noms

Le Vivier des noms est le titre d’un carnet de Valère Novarina où 52 courtes scènes s’enchainent, la scène se défait et se refait, s’emplit de rébus, comme une respiration du temps.
Homme aux multiples facettes avec le geste au centre de sa réflexion et de ses recherches, Valère Novarina propose un texte, une mise en scène et des peintures.

Richard III

Richard est un roi qui incarne l’image d’un tyran machiavélique et monstrueux capable du pire. Après avoir traversé les siècles, Thomas Ostermeier s’empare du texte de William Shakespeare passant du vers à la prose.
Richard III transposé dans le présent par un des metteurs en scène les plus doués de sa génération, l’Opéra du Grand Avignon sera sans nul doute pris d’assaut…

Les idiots

Une version moscovite du film Les Idiots de Lars von Trier, il ne nous en fallait pas moins pour nous interpellé. Les personnages de Kirill Serebrennikov bousculent les convenances et confrontent sur le plateau les « idiots » et les « non-idiots ».
Dans un contexte russe plus que controversé, le metteur en scène interroge la véritable place de l’absurdité dans les rapports humains et sociaux.

Hacia la Alegría

Dans le cadre du projet Villes en scène / Cities on stage qui mobilise sept institutions théâtrales et douze metteurs en scène autour de la question du vivre ensemble dans les grandes villes d’Europe, Olivier Py présente une autre proposition créée au Teatro de La Abadía de Madrid en novembre 2014.
Une pièce qui s’annonce comme un marathon intérieur pour l’acteur Pedro Casablanc.

El Syndrome

L’École supérieure de théâtre Bordeaux Aquitaine a établi un pont vers la création argentine. Aux côtés de Sergio Boris, metteur en scène de la nouvelle scène portègne, les élèves de la troisième promotion ont entrepris une plongée dans Buenos Aires, happés par la vitalité et l’identité de cette capitale.
Les élèves acteurs sont invités par le metteur en scène à s’interroger sur les notions d’identité, d’appartenance et de dispersion, interpellant.

Antonio e Cleopatra

Et oui, William Shakespeare semble être à l’honneur pour cette 69ème édition. Cette fois c’est Tiago Rogrigues, nouveau Directeur artistique du Théâtre National Dona Maria II de Lisbonne qui s’empare de la relation intime et politique de ceux deux personnages historiques.
Arriverons-nous à croire en l’illusion théâtrale ?

Barbarians

Hofesh Shechter, d’abord interprète puis chorégraphe fonde sa compagnie en 2008. Dans son exploration de la danse, Hofesh Shechter propose une mise en jeu des instincts entre la bestialité et l’humanité.
Un triptyque qui laisse présager une belle mise en abyme.

Monument O : Hanté par la guerre (1913 – 2013)

D’où peuvent provenir les danses du dernier spectacle d’Eszter Salamon ? La réponse est peut-être à aller chercher dans la mémoire collective. Les deux termes que sont danse et guerre semblent à priori antagonistes, comment seront-ils assemblés ?
Il est peut-être temps de générer de nouvelles compréhensions du langage chorégraphique et d’élargir le champ des imaginaires.

Le bal du cercle

Quel plaisir de retrouver Fatou Cissé et sa danse à la fois précise et juste mais qui joue également avec l’espace et le temps. Dans cette création, il est question du Tanebeer, une pratique ancestrale réservée aux femmes de la société sénégalaise.
Une cérémonie oscillant entre modernité et tradition et interrogeant le monde à voir.

Retour à Berratham

Retour à Berratham est la nouvelle création d’Angelin Preljocaj qui sera présentée dans la Cour d’honneur du Palais des Papes qui s’inscrit dans l’anniversaire des trente ans du Ballet Preljocaj. Le texte de Laurent Mauvigné est l’histoire d’un homme qui rentre chez lui après la guerre pour retrouver un amour de jeunesse.
Décortiquer les rapports homme-femme face à la violence du monde, nous avons hâte !

L’amour et les forêts

Éric Reinhardt & Feu! Chatterton présentent un spectacle hybride entre littérature et rock.
Une soirée qui s’annonce exceptionnelle et d’autant plus unique car une seule représentation est programmée… #savethedate.

Retrouvez l’ensemble de la programmation sur le site du Festival d’Avignon !

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Kristina D'Agostin

Rédactrice en chef de Carnet d'Art • Journaliste culturelle • Pour m'écrire : contact@carnetdart.com

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