72e Festival d’Avignon

FESTIVAL « 72e édition du Festival d’Avignon » du 06 au 24 juillet 2018 à Avignon.

Fondé en 1947 par Jean Vilar, le Festival d’Avignon est le rendez-vous incontournable des amoureuses et amoureux du spectacle vivant. Chaque année, la ville se transforme dans une ambiance tout à fait unique pour vivre au rythme des nombreuses productions programmées par le Directeur du festival, Olivier Py. Cette année, la ligne conductrice est le genre ; un genre qui ouvre le champ des réflexions à travers les différences qu’elles soient de l’ordre du psychologique, du social, de l’économique ou encore de l’ordre du politique.

Dès l’ouverture de la billetterie, la plupart des représentations affichent « complet » mais durant ce festival tout est possible : des places peuvent se libérer au fur et à mesure, d’autres peuvent se trouver sur le marché parallèle qu’est celui des petites annonces et, si rien de cela ne fonctionne, reste encore la « solution » de faire la queue pour découvrir les 47 spectacles programmés dont certains s’annoncent comme incontournables.

Thyeste par Thomas Jolly.

Thomas Jolly investit la Cour d’Honneur du Palais des Papes pour cette 72e édition du Festival d’Avignon avec une nouvelle création : Thyeste, une des tragédies les plus violentes de Sénèque qui déploient des sujets tels que l’infanticide, le cannibalisme, l’adultère ou encore le vol. Représenter l’immontrable est un des défis de taille dans Thyeste dont le personnage est condamné à devenir un monstre dans toutes ses horreurs. En remontant aux sources antiques, Thomas Jolly transpose et dresse un tableau de l’état du monde contemporain dans lequel la tragédie des relations à l’autre n’a de cesse d’engendrer d’insupportables situations. Vivre dans des pays sans soleil entrainerait l’humanité vers sa perte mais il appartient à chacun de (re)trouver la lumière, l’espoir.

Romances inciertos, un autre Orlando par François Chaignaud et Nino Laisné.

En collaboration avec Nino Laisné, François Chaignaud propose un époustouflant voyage croisant les cultures et les époques au fil de transformations qui subjuguent par leurs beautés. Romances inciertos : un autre Orlando est un objet scénique où dialoguent danse, musique et chant à travers une succession de tableaux dans lesquels apparaissent un jeune lord anglais et deux figures issues de la tradition espagnole : une Doncella Guerrera et une gitane Tarara. Au gré des métamorphoses, ce spectacle interroge les mutations sociétales auxquelles l’humanité est confrontée ainsi que les questions transidentitaires.

Saison sèche par Phia Ménard.

Femme à la démarche singulière, Phia Ménard s’empare des éléments dans ses pièces. Dans tous leurs états, l’eau ou le vent ne sont que prétextes à interroger une perception du monde à travers une vision radicale dans la mise en place de véritables récits visuels. Dans Saison sèche, Phia Ménard convie le public à un rituel pour défier le pouvoir patriarcal qui se base notamment sur l’éducation des filles par la peur. Être une femme signifie souvent être une personne à qui l’on rappelle sans cesse les limites de sa liberté mais la proie peut aussi devenir prédatrice. Pour cela la chorégraphe et ses interprètes font trembler la terre pour mieux soulever les tensions qu’éveillent des phénomènes invisibles ou des actes étant tombés dans une banalité qui ne devrait jamais devenir ordinaire.

Léonie et Noélie par Karelle Prugnaud.

Grand Prix Artcena de littérature dramatique pour la jeunesse en 2016, Léonie et Noélie est un texte signé de l’auteure Nathalie Papin. Léonie et Noélie sont deux jumelles monozygotes de 16 ans qui se retrouvent une nuit sur les toits d’une grande ville pour contempler les feux d’un incendie qu’elles ont déclenché. En se saisissant de ce texte, Karelle Prugnaud interroge le rapport à son autre miroir et questionne une enfance qui essaye de s’extraire d’un milieu dans lequel les rêves ne sont plus possibles.

Méduse par Les Bâtards dorés.

Frégate française, La Méduse est devenue tragiquement célèbre suite à son naufrage en 1816 au large des côtes de la Mauritanie. Voyant leur fin arrivée, les survivants en jettent d’autres à l’eau et sont peu à peu gagnés par la folie en se livrant au cannibalisme sur les cadavres de leur radeau. Quelques mois plus tard, suite à la publication d’un livre de Jean Baptiste Henri Savigny et Alexandre Corréard, l’opinion publique prend conscience de l’ampleur et de l’horreur de la tragédie et s’en suit un procès. C’est celui-ci que le collectif Les Bâtards dorés souhaite faire revivre au public en interrogeant les réactions auxquelles chacun peut être confronté dans des situations extrêmes. Pour cela le collectif met en œuvre un dispositif qui casse le rapport frontal scène-salle en plaçant les spectateurs à la fois comme témoins et juges des évènements dans une expérience immersive.

Pour découvrir tous les autres spectacles proposés, rendez-vous sur le site du Festival d’Avignon.

Image à la Une © Festival d’Avignon, Claire Tabouret.

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Kristina D'Agostin

Rédactrice en chef de Carnet d'Art • Journaliste culturelle • Pour m'écrire : contact@carnetdart.com

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