MC2 2016/2017

La foi et l’audace des artistes sont au centre de la programmation 2016/2017 de la MC2 dirigée par Jen-Paul Angot. Théâtre, danse, musique et cirque, mettront en avant tout au long de l’année les enjeux de la scène contemporaine.

Tordre de Rachid Ouramdane.

Créé à Bonlieu Scène nationale Annecy en 2014, Tordre est l’une des plus belles pièces de Rachid Ouramdane. Au-delà d’une simple chorégraphie, c’est un portrait intimiste et pudique de deux femmes, Lora Juodkaite et Annie Hanauer, dans la simple pureté de leur geste, nourri par leur parcours de vie singulier, qui est proposé.

Sfumato de Rachid Ouramdane.

Avec Sfumato, Rachid Ouramdane propose une vision métaphorique du changement climatique qui engendre d’autres flux migratoires ou des événements catastrophiques pour les populations. Les six interprètes de cette pièce évoluent dans la brume ou sous des trombes d’eau, élément source de vie ou de destruction. Les textes diffusés en voix off de l’auteure Sonia Chiambretto prolonge l’expérience des corps fragiles sur scène.

Trois grandes fugues.

Trois Grandes Fugues se réunissent autour de la partition de Beethoven. Créé en 2001, Grosse Fuguede Maguy Marin, artiste majeure à l’écriture passionnante, est une pièce pour quatre danseuses vêtues de robe rouge sang qui se perdent dans le tourbillon de la vie, dans une course contre la mort bouleversante. En 2006, le même programme a déjà réuni Grosse Fugue de Maguy Marin et Die Grosse Fuge d’Anne Teresa De Keersmaeker, créé lui en 1992 et mettant en scène principalement des interprètes masculins. À la demande de Yorgos Loukos, c’est l’Américaine Lucinda Childs qui s’empare à son tour de cette Grande Fugue spécifiquement pour le Ballet de l’Opéra de Lyon ; une pièce prévue pour douze danseurs.

2666 de Julien Gosselin.

Attaché aux écritures contemporaines comme celle de Michel Houellebecq et ses Particules élémentaires présenté en 2013 en Avignon et qui rencontra un franc succès, Julien Gosselin bouscule le public au travers de son univers scénique. Avec 2666 de Roberto Bolaño, cette création longue durée (12h de représentation) est de fait ambitieuse et tout aussi risquée ; il n’en faut pas moins pour transcrire le roman de l’auteur chilien. Le troisième millénaire s’annonce sous le signe de l’apocalypse, un siècle ravagé par les crimes, la décadence d’un vieux continent, la corruption croissante d’une Amérique… Tout se rejoint même si les évènements paraissent détachés et nous ne sommes qu’en 2016.

Funambules avec Thomas Enhco et Vassilena Serafimova.

Virtuose des touches nacrées, Thomas Enhco oscille entre classique, jazz, hymne du cœur, pureté d’un langage, le but n’est plus de comprendre mais simplement de se laisser surprendre. La rencontre avec la percussionniste Vassilena Serafimova a fait naître un duo hors-normes au répertoire inventif.

La résistible ascension d’Arturo Ui de Dominique Pitoiset.

Après Cyrano de Bergerac en 2013, le couple Pitoiset / Torreton se retrouve autour du texte de Bertold Brecht, La Résistible Ascension d’Arturo Ui. Cette œuvre allemande des années quarante, reflétant une société sclérosée par la montée en puissance des nationalismes et extrémismes, trouve une évidente résonance contemporaine.

Tristesses d’Anne-Cécile Vandalem.

Anne-Cécile Vandalem axe sa recherche théâtrale autour de la fiction en utilisant celle-ci comme outil pour rompre l’isolement entre les individus. La jeune metteure en scène belge déroule un polar nordique sur une petite île perdue où deux adolescentes enquêtent sur d’étranges suicides. Inspirée par la montée des nationalismes en Europe et croisant la fiction et la réalité, le théâtre et le cinéma, les vivants et les morts, Anne-Cécile dissèque les armes les plus redoutables de la politique contemporaine.

Rain d’Anne Teresa de Keersmaker.

Rain est une des pièces majeures de la danseuse et chorégraphe flamande Anne Teresa de Keersmaker. Créée en 2001, Rain est depuis rentré au répertoire du prestigieux Ballet de l’Opéra de Paris. Sur la musique minimaliste de Steve Reich, les interprètes évoluent dans une folle énergie avec une grande précision des gestes et du temps.

Angelus Novus de Sylvain Creuzevault.

En véritable référence pour tout artiste désireux d’inventer une manière politique et offensive de travailler le théâtre aujourd’hui, Sylvain Creuzevault renverse le mythe de Faust pour créer un nouvel ange. Dans une société moderne productrice de marchandises, nos démons sont invités sur les planches pour une prise de conscience nécessaire.

L’ensemble de la programmation est disponible sur le site de la MC2.

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Kristina D'Agostin

Rédactrice en chef de Carnet d'Art • Journaliste culturelle • Pour m'écrire : contact@carnetdart.com

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