La Bâtie – Festival de Genève 40e édition

La 40ème édition de La Bâtie – Festival de Genève se déroulera du 02 au 17 septembre 2016. Le compositeur américain John Adams succède à Gisèle Vienne comme invité du festival avec de nombreux temps forts à découvrir. Cette édition présentée par Alya Stürenburg Rossi et Philippe Pellaud est plus que jamais en phase avec son temps, va de l’avant au travers de projets hybrides et métissés.

Danse de nuit de Boris Charmatz.

Avec cette nouvelle création sous forme de performance nocturne réunissant six interprètes, Boris Charmatz cherche à réinvestir l’espace urbain. Les attentats contre Charlie Hebdo, comme tous les autres, restent dans les esprits, marquent tout à chacun et il y a urgence à dire, urgence à faire dans une exploration entre la danse et la caricature, entre l’humour et le danger.

Alors que j’attendais d’Omar Abusaada.

Tous deux Syriens, le metteur en scène Omar Abusaada et l’auteur Mohammad Al Attar se basent sur de nombreux documents et témoignages pour raconter l’histoire d’un homme, Taim, plongé dans le coma après avoir été tabassé à un des checkpoints de Damas. Cette pièce dessine différents niveaux de conscience comme une métaphore de l’état dans lequel se trouve leur pays.

Acceso de Pablo Larraín.

Le travail de Pablo Larraín et Roberto Farías, artistes chiliens, s’inscrit dans un lieu et un temps dévolu au beau, au divertissement, à la politique ou à la puissance. Acceso, un monologue d’une heure, débité à une vitesse ahurissante dans la sueur et la douleur, construit le récit d’un enfant malmené par les inégalités de l’Amérique latine, de la rue à la drogue, du viol au capitalisme.

Five Easy Pieces de Milo Rau.

Créé en collaboration avec le centre d’art CAMPO, Five Easy Pieces met des enfants sur scène au travers d’un sujet tout aussi complexe qu’audacieux à aborder avec les plus jeunes, la pédophilie et le tristement célèbre Marc Dutroux. Avec sa forme de théâtre politique unique, Milo Rau interroge sur ce que les enfants savent, ce qu’ils entendent et ce qu’ils en font. Une pièce à l’intelligence redoutable qui trouve la juste distanciation.

Création 2016 de François Chaignaud et Cécilia Bengolea.

Les deux artistes associés à Bonlieu Scène nationale Annecy présentent leur nouvelle création en continuant d’explorer leur recherche dans une approche innovante et étonnante, leurs axes distincts. François Chaignaud explore les danses de l’Europe de l’Est, les chants grégoriens, le chant a cappella et le corps total dans la veine de Dumy Moyi. De son côté, Cécilia Bengolea explore les danses jamaïcaines, politiquement marquées. Avec cinq jeunes femmes issues du ballet classique, cette création promet un mélange détonnant qui puise dans différents répertoires, entre la culture académique, savante, et la danse sociale.

Radio Vinci Park de Théo Mercier et François Chaignaud.

Un motard, entièrement masqué, et un danseur, figure blanche, féminine se rencontrent dans un parking ; une rencontre sur des notes de Clavecin, le type de musique tout aussi apaisante qu’angoissante diffusée dans ces lieux clos. Une danse entre peur et mort, entre étrange et beau où les sens sont happés.

Nicht Sclafen d’Alain Platel.

Dans sa dernière création, Alain Platel s’inspire d’une part de la musique du compositeur autrichien Gustav Mahler, un des symboles du romantisme, pour une réflexion sur l’Europe du début du XXème siècle, et d’autre part des écrits de l’historien et journaliste Philippe Blom. Avec cette pièce pour neuf danseurs, où les chants polyphoniques congolais se déclinent dans une scénographie confiée à la plasticienne Berlinde de Bruyckere, le chorégraphe belge explore les troubles d’un siècle qui entrent en résonance avec ceux actuels.

& aussi… deux propositions du Théâtre de Vidy.
Nathan le Sage de Nicolas Stemann.

La pièce de théâtre de Lessing, Nathan le Sage, a été publiée en 1779. Elle raconte l’histoire d’un juif et de sa fille adoptive, d’une chrétienne, dans la Jérusalem tout juste conquise par le musulman Saladin au XIème siècle. Le metteur en scène allemand a demandé à l’auteure Elfriede Jelinek d’écrire un drame secondaire qui inclut notamment la notion du capitalisme comme quatrième religion. Une création qui s’inscrit pleinement dans notre temps, au cœur de la naissance des conflits, où la tolérance dépend étrangement de son contraire.

Nachlass de Stephan Kaegi – Dominic Huber.

La création du metteur en scène Stephan Kaegi et du scénographe Dominic Huber interroge sur ce que peut laisser un défunt aux vivants dans une époque où la mort n’a jamais été aussi présente (exister virtuellement même après sa disparition, suicide assisté, etc.). Dans ce spectacle déambulatoire, le spectateur est invité à entrer seul dans une installation grandeur nature pour rencontrer plusieurs témoins.

& pour finir… Le Lieu central.

Plus communément appelé The place to be avec sept soirées Aqua-fraîche, des concerts, des événements et bien plus encore dans ce lieu où il fait bon vivre durant le festival.

« Laissez-vous portez par cette vague de fraîcheur ! »

L’ensemble de la programmation est disponible sur le site de La Bâtie – Festival de Genève et pour être encore plus connecté, pensez à l’application mobile.

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Kristina D'Agostin

Rédactrice en chef de Carnet d'Art • Journaliste culturelle • Pour m'écrire : contact@carnetdart.com

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