Primera carta de San Pablo a los Corintios

Cantata BWV 4, Christ lag in Todesbanden. Oh, Charles !

À toi.

Qu’est-ce qu’il est dur d’écrire sur tes spectacles… À quoi cela rimerait-il d’écrire que des kilomètres de rideaux de velours rouge qui recouvrent le plateau, que tu fouilles, que tu éructes, que tu hurles, que ton corps se désarticule – alors que ce n’est même pas si vrai que cela ? Je me pose vraiment la question. À quoi rime cette critique qui est censée te donner d’aller voir ton spectacle ou qui te donne l’avis contraire ? C’est dur et Dieu sait que c’est dur… Bien sûr qu’il faut aller te voir, bien sûr qu’il faut lire tes textes. Tu oses, et ce n’est pas anodin d’oser dans ce monde fait de consensualisme, de dire ce que tu as besoin de dire, de faire ce que tu as besoin de faire. On s’en rend compte dans Primera carta de San Pablo a los Corintios Cantata BWV 4, Christ lag in Todesbanden. Oh, Charles ! et dans d’autres… évidemment. Tu es la chienne de Dieu… Mais de quel Dieu parle-t-on ? Du tien? Du mien ? Du leur ? C’est là où tu es forte, très forte même, tu serais mon Dieu et je serais ta chienne… Pourquoi ? Parce que cela apparait comme une évidence, parce que je bois tes paroles, ton jeu, je suis avide de ta personne et de ton âme. Tu es sans nul doute une de ses rares personnes à se nourrir de son existence, de son vécu, de son éducation, de sa raison d’être, de son interrogation sur ce monde dans lequel nous vivons. Tu fais appel à des textes, et pas les moindre, ceux qui constituent la base du Christianisme. Tu fais appel à la foi, à la croyance, à la résurrection, à ton Dieu, à celui que tu aimes, qui est tout pour toi. On en est là… Ce qui est tout pour toi… Mais il n’est pas – à mon sens – question de foi ou de catholicisme, ton mysticisme dépasse ces carcans, ces frontières, et oui, tu fouilles, tu éructes et tu hurles mais tu le fais en faveur de l’Homme ou de ton homme, peu importe, la question, l’engagement est là, tu nous amènes à nous retrancher dans nos tréfonds d’âme qui ne sont pas si catholiques que ça, et nous le savons tous. Nous sommes parfois amenés à faire des choix, prendre des décisions, qui peuvent nous paraître anodines dans un premier temps mais quand bien même la dévotion et la conviction que nous avions, elles peuvent parfois être lourdes de conséquences et qu’avons-nous alors à faire ? Les assumer ? En crever ? Tel est le choix, le poids de chacun, il nous faut faire avec… Et tant pis pour les épitres, tant pis pour les psaumes… Necesito saber que no estoy equivocada. Todo esto no puede estar solamente dentro de mí.

Photographie à la Une © Angélica Liddell.

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Kristina D'Agostin

Rédactrice en chef de Carnet d'Art • Journaliste culturelle • Pour m'écrire : contact@carnetdart.com

2 Comments

  • […] lors du dernier Festival de La Batie où l’on avait pu voir ses deux dernières créations Primera carta de San Pablo a los Corintios et Esta breve tragedia de la carne. On ne peut donc ici que saluer le réel engagement du Directeur […]

  • […] d’une part, les attentats du 13 novembre à Paris, date à laquelle Angélica Liddell jouait Primera carta de San Pablo a los Corintios au Théâtre de l’Odéon – un moment où la violence poétique mise en plateau devint une […]

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