Rébus

Nous sommes à nous-mêmes viscérales énigmes. Ô charades chétives, ainsi nous cheminons sur le chemin miraculeux de notre question — qui est toute notre vie.

À notre enfance jadis proche, jadis pleine, la dent des poissons carnassiers s’illumine — et s’isole. Dans quelle plaie chercher maintenant la marque des chairs significatives, extatiques, blessées ? Les morsures millénaires et les égratignures, et les pâles reliques, et les sanglantes faims ?

Nous marchons sans soleil sur des routes de nuit. — L’horloge du destin hurle ses coups farouches. Et comme un bélier frappe aux portes de la ville, les secondes affolées en signalent la régularité morne, l’âpre ténacité. C’est parce que nous sommes multiples que nous sommes déchirés. Et l’oiseau pathétique déchire l’air du soir que l’on croyait paisible, impossible à troubler tant il nous semblait dense, tant il nous semblait . — Douze coups nous pourfendent. — Douze parts : nos destins, leurs mémoires, ces vies…

Ô les fatigues exercées, l’escarmouche du rêve aux bords des cieux, aux bords des lèvres ! — Dièses rescapés d’incroyables corolles, vous dévalez en catastrophe des pentes innommables. L’effort désordonné des passions futures s’inscrit à la surface de vos montagnes, de vos corps, sidérant ayant-vie…

La singularité en feu advenant au moment de la plus haute altérité, les actions de notre vie sont coups irréguliers sur l’échiquier des gestes. — Irrémédiables ouragans, irréversibles certitudes, tout s’enchaîne de manière univoque, nécessaire, terrible en cette lice sans bordures, sans drapeaux, sans éclats.

J’erre ainsi sans constance au cœur d’inespérées trouvailles. Dans l’inévitable dissipation de tous les miens, la dévastation des forêts salutaires se poursuit, s’imagine. La difficulté d’une patrie objective accusait à bon droit les crédulités blessées de nos cœurs sans secours, terribles intérieurs d’hospitalité vaine.

Et voici : je suis en quête du chemin à travers. — Échappée obscurcie en cette éclosion saine, neuve explosion des premiers sorts, de derniers mots, je m’affranchis finalement des cicatrices et des terreurs, héritages des mères. Vestiges involontaires d’un temps ineffaçable, vous eûtes de la bienveillance ; vous eûtes des honneurs, certes. — Nous aurons des canons !…

Visiteurs, clairs visages, frais assauts à nos vies constamment fortifiées, vos nouvelles, vivaces, vos nouvelles vont vite. — Vos surprises naissantes appellent les Déluges. Sur l’armoire des jours, le printemps s’affermit. Le printemps qui regarde. — Le printemps qui comprend

Image à la Une © Arnaud Leclercq.

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